David Buss avait trouvé que les sexes humains diffèrent selon leur sensibilité à la jalousie : les hommes ont plus peur de l’infidélité sexuelle de leur partenaire que les femmes, tandis que celles-ci ont plus peur de l’engagement de ressources (implication affective) de leur conjoint que les hommes. Cependant, la méthodologie employée par Buss et al. avait été critiquée.
En utilisant à la fois la méthodologie de Buss (choix forcé : les participants doivent indiquer quel type d’infidélité les atteint le plus (émotionnelle ou sexuelle), et doivent choisir une et une seule des deux réponses proposées)) et la méthodologie des mesures continues (les participants doivent noter leur réaction selon une échelle), Sagarin [1] et al. ont confirmé les résultats de Buss et ont trouvé deux résultats complémentaires :
- Les couples ayant connus une expérience d’infidélité de la femme montrent une plus grande détresse face à l’idée d’une nouvelle infidélité sexuelle (hommes comme femmes)
- Les différences sexuelles de réaction face à l’infidélité sexuelle disparaissent en cas d’infidélité homosexuelle (pas de risque de fécondation)
Une première étude a interrogé 625 étudiants (dont 307 étudiantes et 206 étudiants ont été retenus, soit un total de 513) sur leur réaction à l’infidélité homosexuelle ou hétérosexuelle selon la méthodologie de Buss (choix forcé), et a reproduit ses résultats. De plus, les participants devaient répondre à deux questions sur la jalousie correspondant à une autre méthodologie, celle de la mesure continue. Les résultats ont été similaires, ce qui démontre la validité de la méthode des choix forcés.
Une deuxième étude a interrogé 513 étudiants (214 étudiantes et 139 étudiants) en utilisant le même questionnaire que pour la première étude sauf que #1 : seule l’infidélité hétérosexuelle était proposée et #2 : une question supplémentaire leur demandait s’ils avaient déjà subit une infidélité et s’ils avaient déjà été infidèles. Il est apparu que le fait d’avoir déjà subi une infidélité sexuelle augmente la détresse des hommes (mais pas des femmes) face à une nouvelle infidélité, et que les femmes qui avaient déjà été infidèles montraient plus de détresse face à l’infidélité sexuelle imaginée de leur partenaire que celles qui ne rapportaient pas avoir déjà trahi.
Les chiffres :
- Etude 1 :
- 51% des hommes contre 16% des femmes réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle
- 33% des hommes contre 37% des femmes réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle
- Etude 2 :
- 47% des hommes qui n’avaient pas été victimes d’infidélité réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle contre 64% des hommes qui l’avaient été
- 24% des femmes qui n’avaient pas été victimes d’infidélité réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle contre 19% des femmes qui l’avaient été
- 47% des hommes qui n’avaient pas été infidèles réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle contre 64% des hommes qui l’avaient été
- 58% des femmes qui n’avaient pas été infidèles réagissaient plus à l’infidélité sexuelle hétérosexuelle contre 52% des femmes qui l’avaient été
[1] Brad J. Sagarin, D. Vaughn Becker, Rosanna E. Guadagno, Lionel D. Nicastle and Allison Millevoi : Sex differences (and similarities) in jealousy The moderating influence of infidelity experience and sexual orientation of the infidelity. Evolution and Human Behavior, Volume 24, Issue 1, January 2003, Pages 17-23. DOI : 10.1016/S1090-5138(02)00106-X PII : S1090-5138(02)00106-X