La principale différence entre la sociobiologie et la psychologie évolutionniste (à part le changement de nom) se situe au niveau de l’importance apportée au mismatch par cette dernière. Selon l’évopsy, l’évolution demande du temps, et les humains d’aujourd’hui ont donc un cerveau peu différent de celui de ceux d’il y a 15.000 ans. La sociobiologie considère une évolution plus rapide, et insiste moins sur le mismatch.
Trois études parues dans Science du 22 novembre [1] [2] [3] viennent à contre-courant en montrant que l’évolution a pu être très rapide : toutes les races de chiens actuelles ne proviendraient que de 3 Eves d’il y a seulement 15.000 ans (voir aussi l’article de BBC science [4]).
En fait il apparaît de plus en plus que la vérité au niveau de l’importance du mismatch se situe quelque part entre ce qu’en dit la sociobiologie et ce qu’en dit l’évopsy. Les recherches les plus novatrices se situent à ce niveau : comment des populations humaines qui ont été relativement isolées pendant assez longtemps se sont-elles adaptées à leurs conditions environnementales, et quelles en sont les conséquences. Voir par exemple à ce sujet les travaux de Peter Frost, de Jean-Philippe Rushton, et Taboo de John Entine.
[1] Genetic Evidence for an East Asian Origin of Domestic Dogs Peter Savolainen, Ya-ping Zhang, Jing Luo, Joakim Lundeberg, and Thomas Leitner Science 2002 298 : 1610-1613. (in Reports)
[2] Ancient DNA Evidence for Old World Origin of New World Dogs Jennifer A. Leonard, Robert K. Wayne, Jane Wheeler, Raúl Valadez, Sonia Guillén, and Carles Vilà Science 2002 298 : 1613-1616. (in Reports)
[3] The Domestication of Social Cognition in Dogs Brian Hare, Michelle Brown, Christina Williamson, and Michael Tomasello Science 2002 298 : 1634-1636. (in Reports)
[4] Origin of dogs traced By Christine McGourty BBC science - Friday, 22 November, 2002, 05:03 GMT