La guerre des sexes ne s’arrête pas à la séduction : vient ensuite la guerre des spermes. La plupart des femelles du règne animal pratiquent la promiscuité, et sélectionnent en interne le sperme qui va les féconder, après l’avoir conservé dans un réservoir dédié [1]. Miller et Pitnick ont trouvé [2] que chez les Drosophila melanogaster le critère de sélection est la taille des spermatozoïdes. La fécondation dépend à la fois de leur longueur et de la morphologie des femelles, lesquelles sélectionnent les plus grands. En résultat, ils constatent que "les spermatozoïdes géants équivalent à la queue du paon" [2]. Dans la press release [3], Miller ajoute :
Autrefois la croyance générale était que le mâle sacrifiait la qualité à la quantité pour la production de spermatozoïdes et la compétition pour fertiliser les oeufs. (...) En 1995, nous avons documenté des exceptions à la règle. Cette découverte nous fait nous demander pourquoi quelques espèces prennent le temps de produire quelques spermatozoïdes géants, quand la majorité se contente de déverser des millions de petits spermatozoïdes
Il remarque enfin qu’il reste à étudier ce qui se passe quand deux populations sont isolées : cette coévolution femelle-spermatozoïde mène-t-elle à la différenciation d’espèces ?
- Voir sur ce site : Guerre du sperme chez le lézard de Californie (05 nov. 02 - 09:10)
- Gary T. Miller, Scott Pitnick : Sperm-Female Coevolution in Drosophila. Science Magazine Volume 298, Number 5596, Issue of 8 Nov 2002, pp. 1230-1233.
- Eureka Alert : When it comes to sperm competition, size can matter-it’s the female who holds the aces. 7 novembre 2002