Sciences : où sont les femmes ?

  

ABSTRACT :

La faible proportion de femmes dans les métiers de la recherche scientifique (9,7%) n’est pas totalement expliquée par les différences sexuelles de QI (il devrait y en avoir 27%). Cet article présente les hypothèses complémentaires au QI pour expliquer ce fort décalage, et s’interroge sur la validité du choix des femmes qui s’orientent d’elles-mêmes vers une autre carrière que celle scientifique à laquelle elles auraient pu accéder.

28 mars 2003
http://www.evopsy.com/article100.html

 

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DOMAINES

Compétition sexuelle
QI et intelligence
Société

 

Les hommes et les femmes présentent deux différences essentielles en termes d’intelligence :

  1. Les hommes présentent généralement de meilleurs résultats à certains tests visuo-spatiaux et les femmes à certains tests verbaux
  2. Les hommes montrent plus de variation : il y a plus d’hommes surdoués et d’hommes débiles que de femmes surdouées et de femmes débiles  [1]

La différence #1 ne se retrouve que sur des compétences basiques  : dès qu’il y a complexité (i.e. : plusieurs compétences basiques impliquées dans la même tâche) alors ces différences ont tendance à s’estomper. Au global, l’intelligence moyenne des hommes et des femmes apparaît comme identique. [2]

La différence #2 ne se retrouve que pour les cas extrêmes (surdoués ou débiles) mais offre de ce fait un intérêt particulier dans le domaine de la recherche scientifique : le niveau demandé dans ces métiers est tellement élevé que seuls les plus doués pourront y réussir. En conséquence, si la répartition dans ces métiers suivait exactement la courbe de QI, alors le nombre de femmes pourrait être calculé à partir de la Loi Normale (courbe de Gauss). Par exemple, presque deux fois plus d’hommes que de femmes ont un QI supérieur à 150. En conséquence, si la différence entre les sexes au niveau de la recherche scientifique s’expliquait par le QI, alors on devrait trouver à peu près 1/3 de femmes et 2/3 d’hommes dans ces métiers. Un professeur américain signant sous le pseudonyme La Griffe du Lion (1999) a fait ce calcul pour les métiers scientifiques à haut niveau mathématique et a trouvé que les femmes devraient représenter 27% des scientifiques... alors qu’elles n’en représentaient en 1995 que 9,7% (USA).

En d’autres termes, si rêver d’une parité parfaite (50/50) est totalement utopique, il apparaît néanmoins que beaucoup de femmes choisissent (ou on leur impose) un autre métier que celui scientifique auxquels elles pouvaient accéder. Globalement, deux types d’approches ont été favorisées pour expliquer le décalage :

  1. Les femmes n’ont pas choisi : on leur a imposé une autre orientation.
    Cette approche, favorisée par les féministes [3], correspond en fait à plusieurs types de contraintes liées entre elles :
    1. La société leur a interdit de s’orienter vers les recherches scientifiques :
      L’inégalité des hommes et des femmes devant la loi jusqu’aux années 1950 en Occident a certainement été pour une grande part dans la désaffection des femmes. Elle n’explique cependant pas totalement les chiffres datés de 1995 (40 ans d’écarts font plus qu’une génération).
    2. La compétition sexuelle les a dissuadées :
      Quand les règles de la compétition sexuelle étaient telles qu’une femme trop diplomée n’avait aucune chance de trouver un mari, il est évident que beaucoup de femmes ont du arbitrer en faveur de leur vie de famille, et ont restreint leurs ambitions pour avoir des chances de procréer.
    3. Le "plafond de verre" :
      Les féministes accusent généralement les hommes de tout mettre en oeuvre pour empêcher les femmes de réussir, constituant ainsi une sorte de plafond invisible qui les empêchent de monter plus haut dans la hiérarchie. Si l’idée que les hommes s’allient aussi systématiquement dans une telle compétition paraît peu réaliste, ce plafond de verre semble bien exister, et s’explique par le refus de beaucoup d’hommes d’être dirigés par une femme.
       
  2. Les femmes choisissent d’elles-mêmes une autre orientation.
    Cette approche a été extrêmement négligée ces dernières années. Il apparaît cependant qu’elle correspond à une réalité. Voici quelques possibilités :
    1. Certaines femmes choisissent volontairement (pas de manière imposée comme dans le cas #1.2) leur vie de famille plutôt que leur vie professionnelle. Contrairement à ce que l’on affirme généralement, l’immense majorité des femmes ont travaillé en Occident tout au long de ces derniers siècles : seules les très riches pouvaient s’en dispenser. Le boom économique d’après-guerre et l’évolution technologique ont juste permis d’élargir le nombre de celles qui pouvaient choisir de ne pas travailler.
    2. Geary (1998, chap. 9, section Différences sexuelles dans les intérêts et la réussite professionnels) constate que les métiers les plus techniques sont souvent préférés par des hommes peu communiquants (ex. : les nerds). Il considère que des femmes, plus enclines à communiquer, peuvent considérer ce type d’environnement comme "hostile", et ne pas souhaiter y travailler : "Travailler avec ces individus qui ne recherchent pas autant le contact social que les autres, pourrait être perçu par bon nombre de femmes comme créant un environnement hostile, du fait de l’importance qu’elles accordent aux relations sociales intimes, et du fait que les agressions relationnelles associées à la compétition entre femmes (voir chapitre 5) impliquent un comportement similaire (i.e. : éloignement ou isolement social). Si c’est le cas, alors la nature de l’environnement social où ces métiers sont exercés contribue au relativement faible intérêt que ces femmes douées y portent. " (id.)
    3. La compétition sexuelle se fait plus chez les hommes que chez les femmes par le statut social. Geary écrit (ibid.) : "Dans les cultures occidentales, réussite professionnelle est synonyme de succès culturel et, pour les hommes, ces efforts d’accès à un statut sont des manifestations des compétitions entre hommes." En d’autres termes les femmes, ayant moins besoin que les hommes d’une réussite sociale pour leur compétition avec les autres femmes, seraient moins tentées de payer le prix nécessaire (en termes de temps de travail, etc.) pour réussir une carrière. Bien sûr, un grand nombre de femmes seront tout à fait carriéristes, mais elles constituent une proportion plus faible des femmes que les hommes carriéristes ne le sont par rapport aux autres hommes.
    4. Les femmes n’ont pas besoin des hommes pour survivre. Dans de nombreuses situations au cours de l’histoire, les femmes ont du "remplacer" les hommes dans certaines tâches (culture des champs, etc.). Rien ne semble indiquer qu’elles aient été moins bonnes que les hommes à ces travaux. La division sexuelle du travail n’existe que quand les deux sexes sont suffisamment représentés, et elle ne correspond pas à une obligation physiologique.

Il est probable que toutes ces raisons (et d’autres encores) jouent un rôle dans la faible représentation des femmes dans les métiers scientifiques de haut niveau. On peut aller plus loin et mettre l’accent sur la partie choix et se demander si les femmes dans cette situation ont, pour une raison ou une autre, intérêt à choisir d’autres orientations. En fait il semble bien que oui, du moins si l’on prend en considération le nombre d’enfants. La durée des études nécessaires pour atteindre les hauts niveaux scientifiques a pour effet de retarder la disponibilité sur le marché du mariage de la femme les effectuant. Se mariant plus tardivement, elle aura ses enfants plus tardivement, ce qui a deux conséquences : tout d’abord le nombre d’enfants sera généralement plus faible, et ensuite la disponibilité même de ces enfants sur le marché du mariage sera plus tardive [4]. Au niveau de la société, ces deux points s’accumulant ont un effet dysgénique.

Références

Arthur R. Jensen, Arthur R. (1998) ; The g Factor - The science of mental ability - Praeger (USA). Un résumé du livre par son auteur est en ligne sur le site Cogsi : http://www.cogsci.soton.ac.uk/psyc-bin/newpsy ?10.023

La Griffe du Lion (1999) : Women and minorities in science. Volume 1, Number 1 September 1999

[1] Voir la page Statistiques sur le QI (Douance.org). Cette différence sexuelle (plus grande variation des hommes) se retrouve dans presque toutes les caractéristiques humaines et s’explique évolutionnairement.

[2] Certaines études ont donné un avantage de quelques points aux femmes, d’autres de la même grandeur aux hommes. En conclusion, AR Jensen (1998) considère qu’il n’y a aucun élément solide permettant de remettre en cause l’égalité hommes-femmes sur ce domaine.

[3] Les féministes extrémistes considèrent que cette approche suffit à expliquer l’écart par rapport à la parité (50/50). Bien sûr, cette affirmation apparaît comme non valide. Cependant, il ne fait pas de doutes que les pressions sociales et autres ont empêché de nombreuses femmes de faire ce qu’elles auraient souhaité, et que cela a constitué un coût important non seulement pour elles mais aussi pour l’ensemble de la société.

[4] Sur un siècle on trouvera 5 générations si l’âge de la mère au premier enfant est systématiquement de 20 ans, 4 générations pour 25 ans, et 3 pour 33 ans.

 

 

 

 

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